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AUTRES LOGIQUES DE L’ORGANISATION DE L’ESPACE MONDIAL
(Un monde, des mondes p. 56-83)
La mondialisation est-elle la seule grille de lecture ? Trois pôles de la Triade, les périphéries plus ou moins intégrées, les pays à l’écart de la mondialisation ?
La mondialisation est un processus important et inachevé mais il ne saurait rendre compte à lui seul de l’organisation géographique de l’espace mondial. Ce processus loin de susciter l’unanimité fait d’ailleurs l’objet d’une contestation multiforme notamment de la part des mouvements altermondialistes.
D’autres logiques d’organisation de l’espace, réelles pour les unes, souhaitables pour les autres existent :
- Les aires de civilisation se fondent une différenciation des langues, des cultures et des religions et elles constituent une forme de résistance évidente à tout processus d’uniformisation culturelle, sachant qu’elles peuvent aussi conduire à des replis identitaires qui peuvent s’avérer dangereux.
- La logique du développement durable progresse elle aussi ; il s’agit de prendre en compte les conséquences environnementales du développement économique (réchauffement de la planète, désertification, épuisement de certaines ressources non renouvelables, pollution) en s’efforçant parallèlement de faire en sorte que ce développement soit plus équitable et plus solidaire.
I- La mondialisation : un processus discuté
1- Une mondialisation créatrice de déséquilibres :
- La mondialisation économique accentue les inégalités entre pays, et au sein d'un même pays, entre régions.
L’inégal développement entre les nords et les suds
1-1 l’OMC une organisation crée pour gérer les échanges
OMC créée en 1995 : 152 membres, elle a pour mission de s’occuper des règles (marchandises, services, propriétés intellectuelles règlement des différends commerciaux. Suite aux négociations du Cycle d'Uruguay (1986-1994)
http://www.wto.org/french/thewto_f/thewto_f.htm
Héritière du GATT (accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) : doit faciliter le commerce international et est une des facettes de la mondialisation.
l’échec de plusieurs conférences
longtemps les pays du sud n’ont vue dans les pays du nord que des exploiteurs et des ennemis : (les fruits de la croissance sont mal répartis) : cycle Doha pas d’accords.
affirmation de pôles régionaux (page 59-doc.3)
Alliances régionales se multiplient (zones de relations privilégiées : marchés protégés, masse de consommateurs)
UE (1993), 27 membres
ALENA 1989
ANSEA (1967)
Mercosur (1991)
OPEP (1960) : 12 membres
OCDE (1960) 30 pays membres
CEI (1991) 12 membres
APEC (Association de coopération économique de l’Asie Pacifique) : 17 membres (marché commun en 2010)
Alca, ZLEA : 34 en prévision
Groupes de pression comme alliance des 22 derrière la Chine, l’Inde, l’Indonésie…. En grande partie responsable de l’échec des négociations de Cancun.
Onu notamment la Conseil de Sécurité remise en cause par ceux que l’on appelle désormais le triangle (Inde, Brésil, Afrique du sud).
2- l’environnement et sa protection dossier pp 60-63
Une mondialisation actuellement difficilement compatible avec un développement durable. Développement durable : développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs besoins.
La notion de développement durable remonte aux années 80, elle est désormais très à la mode Les grandes étapes d’une prise de conscience récente
* Sommet mondial de Stockholm en 1972 : premier acte international de mobilisation sur les questions de développement et d’environnement à l’échelle mondiale avec lancement du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE)
* Plusieurs sommets ensuite, rassemblements très médiatisés avec une politisation croissante et des résultats concrets toujours très modestes ! (Rio en 1992, Kyoto en 1997, Johannesburg en 2002)
Des contre-sommets altermondialistes : Le 7ème sommet du Forum social mondial à Nairobi au Kenya page 66 : pour une autre mondialisation
2-1 Des logiques de production qui compromettent les ressources de la planète.
La croissance mondiale a longtemps reposé sur l’exploitation de ressources mondiales non renouvelables ou au renouvellement lent. Par exemple, certains experts estiment que compte tenu des réserves connues, les gisements de pétrole (ressource fossile) pourraient s’épuiser d’ici 40ans. Une exploitation intensive des océans semble également entraîner un affaiblissement des ressources halieutiques. En outre, les modes de production et de transports développés sont extrêmement polluants. Or, on observe que les pays les plus industrialisés sont également les plus grands émetteurs de Gaz à effet de serre (GES). Un américain produirait ainsi autant de GES que 19 indiens ou 269 Népalais.
2-2 Des efforts pour promouvoir le développement durable.
- Dès 1971, le club de Rome (Organisation Non Gouvernementale) démontrait l’existence d’une distorsion entre le caractère fini des ressources mondiales et l’intensité du prélèvement. En 1987 la commission Brundtland développait une nouvelle notion : le développement durable.
Commission Brundtland : commission formée par des initiatives privées destinée à réfléchir sur le développement et la protection de l’environnement.
- Ce concept est repris par la conférence de Rio en 1992 et par l’OMC en 1995. Ainsi à partir de 1997, fut mis au point le protocole de Kyoto destiné à mettre en application les principes du développement durable. Il fut signé en 2001 et cherche à coordonner les politiques des Etats pour lutter contre l’émission de GES et maintenir la bio diversité.
2-3 Un principe compromis et discuté.
- Cependant, les Etats-Unis et la Russie n’ont pas ratifié les accords de Kyoto. La Russie a longtemps refusé. V. Poutine a même déclaré que pour son pays le réchauffement était une bonne chose. Les députés russes ont finalement ratifié les accords de Kyoto en octobre 2004. Ceci a permis de sauver ces accords.
Les Etats-Unis préfèrent promouvoir le principe d’un droit à polluer.
Permis de polluer : possibilité offerte à un producteur, une entreprise ou un pays d’en payer un autre afin qu’il assume ses propres obligations de réduction des émissions de GES.
Concrètement l’effort consenti pour limiter l’émission de GES est très inégal. Les pays de l’Union européennes sont les seuls a avoir limité de façon significative leur production de CO2 et autres gaz. Enfin, certains pays en développement estiment que les conditions imposées pour préserver les ressources et l’environnement compromettent leur développement dans la mesure où celui-ci est en partie basé sur l’exploitation de ces richesses naturelles. C’est le cas notamment du Brésil, de la Malaisie ou de la Chine.
De ce point de vue, il y a désaccord entre les intérêts économiques et les intérêts écologiques. Pour d’autres, les alter mondialistes, il est possible de concilier développement et respect de l’environnement. Ils dénoncent donc la logique productiviste et libérale de développement prônée par l’OMC ou le FMI. Ils proposent des alternatives concrètes comme par exemple, le commerce équitable.
Alter mondialiste : mouvement qui sans rejeter la mondialisation propose la réguler, de changer les logiques de développement dans le monde et de donner aux citoyens le pouvoir de contrôler les organisations internationales.
Commerce équitable : partenariat commercial basé sur une collaboration entre producteurs et diffuseur en réduisant les intermédiaires. On parle d’équité dans la mesure où, il s’agit d’acheter les productions à des prix convenables pour les producteurs des pays en développement des produits. Ce commerce cherche donc à garantir le respect des droits fondamentaux (non exploitation des enfants, refus du travail forcé) et à encourager les modes de production préservant l’avenir.
Conclusion : On assiste donc dans le même temps à un processus de développement des échanges à l’échelle mondiale et à un phénomène de croissance de la production mondiale. Le niveau de développement moyen s’élève également. Mais la mondialisation n’est pas synonyme de développement généralisé. De profondes inégalités se maintiennent malgré les progrès réalisés. En outre les logiques de développement choisies compromettent l’environnement et les ressources naturelles. De ce constat, libéraux et alter mondialistes tirent des enseignements différents. Les libéraux tablent sur un rattrapage général du niveau de développement par les pays du Tiers-monde en considérant que le libre échange est le seul moyen de stimuler les productions nationales. Les alter mondialistes, eux, font le constat d’un inégal développement persistant. Ils accusent donc la logique libérale de la mondialisation d’assurer le triomphe des économies dominantes et de compromettre le développement des générations futures.
II- LES GRANDES AIRES DE CIVILISATION : PERMANENCES ET DYNAMIQUES TERRITORIALES.
Le concept d'aires de civilisation est-il pertinent ?
1- Les aires de civilisation découpent toujours le monde. Page 61 doc.2
1-1 Définition.
Une civilisation est l’ensemble des réalités culturelles, matérielles, économiques, sociales, et historiques communes à un groupe de sociétés.
Le mot culture au sens large est synonyme de civilisation.
Une aire de civilisation est donc l’espace sur lequel, on retrouve ces caractères communs.
Définition des IO : Une aire de civilisation est une entité géographique pouvant être considérée comme un espace culturel fondé sur un ensemble de caractères matériels , moraux, religieux et linguistiques , artistiques et sociaux commun à une société ou à un groupe de sociétés. Une aire de civilisation ne peut donc s’identifier à un seul trait culturel. Les critères de définition sont multiples mais on considère que les langues et les religions sont des facteurs déterminant dans l’identification des aires de civilisation.
1-2 Les langues et les religions : deux facteurs de détermination des civilisations
a) Les langues :
Selon les définitions, on compte entre 3000 et 5000 langues dans le monde. On distingue cependant 11 grands ensembles linguistiques: Chinois, langues Indiennes, Anglais, Russe, Espagnol, Portugais, Allemand, Japonais , Arabe ,Français , ensemble Malais -indonésien. La diffusion de ces grands groupes linguistiques s’explique de plusieurs façons :
L’importance des populations. La colonisation. La puissance économique.
L’anglais tend à devenir la langue internationale par excellence. Dans de nombreuses régions du globe, les langues précitées sont des langues véhiculaires.
Langue véhiculaire : Langue permettant à des peuples ayant des langues différentes de communiquer.
Pour information :
Les langues officielles ou officielles les plus parlées sont l’Anglais : 29 Etats ; le français : 29 Etats, l’Espagnol : 20 Etats.
Les langues maternelles les plus parlées sont : le chinois : 885 millions de locuteurs ; espagnol : 358 millions ; anglais : 322 ; arabe : 200 ; bengali : 189 ; hindi : 182 ; portugais : 170 ; russe : 170 ; japonais : 125 ; allemand : 98 ; coréen : 78 ; français : 77.
b) Les religions : carte page 58
Les conflits religieux ont été importants dans l’histoire des peuples, comme en témoignent les croisades. Si certaines tensions diminuent, (entre catholiques et protestants en Irlande). Partout on assiste à un réveil de la pratique religieuse : USA renouveau charismatique baptistes), les fondamentalistes, mais aussi l’intégrisme religieux musulman (stricte application de la charia). Cette affirmation des religions crée des tensions aussi bien au sein des Etats qu’entre eux. (Algérie = opposition entre le FIS – Front islamique du Salut et le pouvoir politique) (Turquie = AKP, le Parti de la justice et du développement au pouvoir légalement : frictions) (Inde conflits larvés entre Hindouistes sikhs et musulmans) (ex Yougoslavie = partage en fonction des religions présentes)
Le christianisme : Il connaît la plus grande diffusion : 1955 Millions. Sa large diffusion est liée à la colonisation européenne Le christianisme est présent dans les deux Amériques, en Afrique subsaharienne, en Australie-Nouvelle Zélande, et dans des foyers dispersés en Asie.
L’Islam rassemble 1126 millions de pratiquants ; Il s’étend sur 2 aires de diffusions : Pôle arabo-méditerranéen, Pôle indonésien. Il poursuit sa progression en Afrique tropicale et se développe en Europe.
L’Hindouisme : 793 millions. Il est présent surtout en Inde où il représente 85 % de la population. Le Bouddhisme 325 millions : Il est né en Inde au VI ° avant J-C, mais il a presque disparu du pays. Il s’est diffusé en Asie de l’Est et du Sud-Est où il a influencé des religions et des philosophies locales : confucianisme, taoïsme : 226 millions.
Juifs : 14 millions
1-3 Une cartographie des aires de civilisation.
Considérant les religions comme fondamentales, Samuel P. Huntington compte 9 aires de civilisations dans le monde. Pour lui depuis la fin de la guerre froide, les différences entre les hommes sont avant tout culturelles et les civilisations sont amenées désormais à s’affronter. C’est la théorie du choc des civilisations reprise par les cadres de l’administration Bush.
Samuel P. Huntington : professeur à l’université de Harvard (Etats-Unis) où il dirige le John Olin Institute for Stratégic studies. Il a été expert auprès du conseil national américain de sécurité sous l’administration carter. Il est le fondateur et l’un des directeurs de la revue Foreign Policy. Son ouvrage intitulé le choc des civilisations publié en France en 1997, l’a rendu célèbre.
Conclusion : le monde serait donc toujours divisé par des aires de civilisation. Ce découpage du monde resterait donc pertinent.
2- Une géographie des aires de civilisation remise en cause.
2-1 Plusieurs cartes possibles :
Déjà en 1983, Gérard Chaliand et Jean-Pierre Rageau, auteurs de l’Atlas Stratégique distinguaient 7 aires de civilisation : l’aire européenne, l’aire sinisée, l’aire russo-soviétique, l’aire islamisée, l’aire négro-américaine, l’aire hindouisée, l’aire latino américaine et une zone mixte en Afrique du Sud. En 1997, le géographe Yves Lacoste répond à Samuel P. Huntington et propose un agencement du monde en 5 ensembles : L’occident étendu aux Amériques, à l’Australie et la Nouvelle –Zélande), le monde musulman, l’inde, la Chine et les archipels et péninsules du pacifique occidental.
Il n’existe donc pas une carte des aires des civilisations.
2-2 Des limites floues et mouvantes :
Il est à noter, par exemple, que notamment en Afrique on observe une extension de l’aire musulmane. On peut aussi se poser la question des limites de l’aire occidentale. L’Argentine peut-elle être considérée comme occidentale, par exemple ? Il est également difficile de limiter le Bangladesh à l’aire indienne alors qu’une majorité de la population est musulmane.
2-3 L’interpénétration géographique des aires de civilisation :
Les diasporas chinoise et indienne se dispersent dans le monde entier contribuant ainsi à la diffusion de leur monde de vie.
Il convient de rappeler également que depuis des foyers de production culturelle à prétention mondiale comme la mégalopole américaine ou Los Angeles, la civilisation occidentale et plus particulièrement l’American way of life se diffusent dans le monde entier.
Il est vrai que cette expansion du modèle occidental rencontre des résistances. Ainsi en Arabie Saoudite, les wahhabites radicaux ont recours au terrorisme pour tenter de chasser les occidentaux.
2-4 Des aires de civilisation marquées en réalité par une grande diversité :
Si on considère les religions comme facteurs déterminant des civilisations, il convient de constater que les grandes religions sont divisées. (le christianisme est partagé entre catholiques : 980 millions ; protestants : 473 ; orthodoxes : 218 et autres confessions : 284. L’Islam est divisé entre sunnites : 945 millions, chiites : 180, souffistes, etc..)
Ces divisions peuvent aller jusqu’à l’affrontement fratricide. Comme en ex-Yougoslavie, au Moyen-Orient. Certes, on constate là que les religions peuvent devenir l’enjeu de conflits ethniques mais cela remet en cause l’idée d’un affrontement entre grandes civilisations unies.
Sunnisme : courant majoritaire de l’Islam qui en s’appuyant sur l’ensemble des paroles, des actions de Mahomet entend représenter l’orthodoxie en musulmane.
Chiisme : mouvement qui estime que le califat appartient de droit aux descendants du prophète et de son gendre Ali. Il prône un retour à l’Islam originel. 10% des musulmans du monde.
Conclusion : La géographie des aires de civilisation est donc remise en cause par plusieurs phénomènes : la diffusion des modèles culturels, l’interpénétration géographique des civilisations, l’hétérogénéité des aires culturelles.
III - Le réveil identitaire
Il y a un renouveau du phénomène religieux à travers la planète, sauf en Europe occidentale. Il est très souvent relié au réveil
identitaire. Exemple : l’Eglise orthodoxe Russe après le chute du communisme. On a peur d’une uniformisation de la part du modèle occidental. On assiste à un rejet parfois violent de
l’occident (terrorisme).
1. Y a-t-il une réelle occidentalisation ?
Economique : mondialisation, diffusion des modes de vie (supermarché = technique de consommation).
Culturelle : modèle universel de valeurs.
NB : 2 pays ont une vocation universelle : la France et les USA.
Dans cette occidentalisation, les USA jouent un rôle essentiel : ils diffusent des symboles de liberté et de démocratie à travers leurs FTN (Coca Cola, Nike, MacDo…). Cette puissance est relayée par la langue.
2. Des oppositions frontalières et économiques
Les conflits territoriaux
La mondialisation ne suppose pas la disparition des frontières politiques. Or certaines continuent à être discutées :
Ukraine et la Russie se sont affrontées au sujet de la Crimée : territoire donné par K en 1954 pour commémorer sont attachement à l’Empire russe : en 1992, la Russie remet en cause cet accord
Les iles Kouriles entre Russie et Japon
Israéliens et Palestiniens, l’Union indienne et le Pakistan pour le cachemire…
Conclusion : La géographie des civilisations montre donc l’existence de vastes aires culturelles différentes. Mais à l’heure où certains évoquent un choc de civilisations, il convient de
constater que ces dernières sont malgré tout bien difficiles à définir. Leurs contours sont flous et mouvants. Elles restent marquées par une certaine diversité et elles s’interpénètrent. Certes
les religions peuvent être à l’origine de conflits ethniques. Elles peuvent aussi motiver l’action de terroristes radicaux. Mais il serait dangereux de leur accorder trop d’importance dans
l’analyse des aires de civilisation et de la situation géopolitique. Il semble en effet que d’autres traits culturels déterminent les aires de civilisation et que d’autres motifs peuvent
entraîner des guerres (voir leçon sur l’après guerre froide).
Conclusion : tableau page 83
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